Henri Lamoureux et D’Arts et de rêves -

Pas évident d’écrire une chronique bénévole sur un personnage aussi impressionnant qu’Henri Lamoureux.  Par où commencer…

Il y a plus de quarante ans déjà, Henri Lamoureux (socioéthicien et romancier, essayiste et auteur d’ouvrages académiques) et Nicole Côté (avocate et artiste en arts visuels) se sont installés à Glen Sutton, petit paradis où ils ont choisi d’élever leur famille.  Ils y ont vécu une belle vie et ont toujours été reconnaissants de pouvoir s’épanouir dans un si magnifique environnement.

Puis au cours des ans, une idée se retrouvait souvent au centre de leurs discussions : comment remettre à la communauté, comment contribuer à l’environnement culturel de Sutton dans le domaine des arts.  L’idée a germé lentement mais sûrement et a mené à la création d’un deuxième petit paradis, une résidence d’artistes et le parc éco-culturel D’Arts et de rêves (pour en connaître davantage : « La petite histoire D’Arts et de rêves »).  En étant l’un des trois co-fondateurs de cet organisme (Joanie Leroux-Côté, arts du cirque contemporain, complète le trio), Henri savait qu’il y mettrait beaucoup de temps, mais peut-être ne se doutait-il pas du nombre d’heures qu’il y investirait réellement…

Henri, songeur, dans le parc éco-culturel D’Arts et de rêves.
Henri, songeur, dans le parc éco-culturel D’Arts et de rêves.
Henri_OuvertureParc

Henri et Nicole, en présence de Mme Nathalie Bondil du MBAM et autres invités,
lors de l’ouverture officielle de la résidence d’artistes et du parc éco-culturel le 18 juin 2016.

Pourquoi s’investir autant ?

Par conviction, car Henri croit à l’engagement communautaire; cela a de fait été son leitmotiv, voire ce qui a marqué sa vie professionnelle tout autant que personnelle.

C’est d’ailleurs lors du premier congrès sur la défense des droits sociaux qu’il a organisé en 1972 qu’Henri a rencontré Nicole, venue à titre d’observatrice.  Nicole complétait alors ses études en droit et était loin de se douter qu’en se rendant à cet événement, elle épouserait non seulement une cause mais aussi un homme.  Les deux ont collaboré à bon nombre de projets sociaux et ont été des pivots du mouvement d’action communautaire dans le sud-ouest de Montréal.

Henri a poursuivi dans cette voie toute sa vie et est devenu l’expert, voire le spécialiste de l'action communautaire.  Il a enseigné l'histoire des mouvements sociaux et l'éthique appliquée à l'engagement social (enseignement universitaire terminé en 2008, quoiqu’Henri prenne encore plaisir à faire de la formation en milieu de pratique et d'éducation populaire) et a publié de nombreux livres et ouvrages, dont certains sont encore les livres de référence de nombreux cours universitaires.

Pourquoi faire du bénévolat ?

Selon Le Réseau de l’action bénévole du Québec (RABQ), l’une des premières raisons citées est la cause et l’engagement social et c’est certainement ce qui motive Henri. On pourrait souligner tout ce qui suit car cet homme veut assurément :

  • exprimer son intérêt à l'égard d’une cause;
  • faire partie de ceux et celles qui travaillent à améliorer les choses;
  • aider les autres et participer au mieux-être de la collectivité;
  • faire une différence;
  • prendre part à un changement positif dans sa communauté.

Comment se manifeste le bénévolat d’Henri ?

Henri ne fait pas que manier la pioche et la pelle, son bénévolat fait aussi travailler ses méninges.

La pioche et la pelle

Henri a été présent à toutes les corvées organisées au 57, rue Principale Nord à Sutton, et même plus.  Car avant même que les premières n’aient lieu, Henri était sur place avec Nicole à analyser l’état des lieux, à inventorier, à planifier le travail requis, à préparer des corvées, à faire l’entretien de la pelouse du parc éco-culturel…

Bref, Henri a démontré qu’il sait se relever les manches et travailler à la sueur de son front, comme en font foi les photos ci-dessous…

Henri défrichant dans le parc.
Henri transportant du paillis lors de l’aménagement devant la grange.
Henri_et_Miriam

Henri défrichant dans le parc.

Henri transportant du paillis
lors de l’aménagement
devant la grange.

Henri plantant des arbustes,
en agréable compagnie
(Miryam St-Pierre) !

La pioche et la pelle c’est la partie facile du bénévolat d’Henri : il y a une tâche à exécuter, on fait le travail, mission accomplie, puis c’est la satisfaction d’avoir réussi…

Les méninges

Faire travailler ses méninges est une tâche beaucoup plus ardue car dès qu’on se fixe un nouveau défi, il nous habite constamment…  Voici quelques défis dont Henri se rappelle.

L’obtention du statut « organisme de bienfaisance » qui a nécessité beaucoup de travail et l’apport incalculable de nombreux collaborateurs.  Pourquoi était-ce important ?  Pour que les donateurs soient encouragés à contribuer en recevant des reçus à des fins fiscales.

Grâce au statut « organisme d’utilité publique », D’Arts et de rêves est exempt des taxes municipales et scolaires.  Ce statut a été obtenu suite à un jugement d’un tribunal administratif provincial, alors là encore, imaginez l’imposant dossier qu’il a fallu monter…  Pourquoi était-ce important ?  Pour que les fonds obtenus soient tous investis directement dans le projet de résidence d’artistes et de parc éco-culturel.

Un défi constant est la recherche de fonds provenant de subventions, de dons et de commandites pour assurer le fonctionnement et le développement D’Arts et de rêves.  Sans ces sources de financement variées, les projets de la résidence d’artistes et du parc éco-culturel ne pourraient être réalisés.  Henri, ayant œuvré dans le communautaire et ayant publié de nombreux livres, avait l’expérience de la recherche de fonds et a mis au service de l’organisme ses connaissances et compétences qui en quelques mots signifient : rechercher constamment les fonds disponibles; connaître les structures des organisations; réseauter; être conscient des sensibilités des gouvernements, des programmes politiques, des institutions; maîtriser un langage spécialisé; rédiger des demandes tenant compte de toutes ces variables…  Henri et Nicole ont rédigé de nombreuses demandes au cours des ans et sont heureux du travail de rédaction aujourd’hui accompli en grande partie par Karina Sasseville (coordonnatrice à D’Arts et de rêves) qui a appris à naviguer dans ce dédale de critères et de contraintes.  Il est certain que lorsqu’une demande est refusée ou que des critères de programmes sont modifiés en cours de route, il faut s’épauler et recommencer…

Il ne faut pas oublier qu’à titre de vice-président, Henri est aussi membre du Conseil d’administration et comme tel contribue à la bonne gouvernance de l’organisme.  Il s’occupe principalement du financement, de certains dossiers particuliers et occasionnellement de représentation (comme vous le verrez dans la photo ci-dessous).  Et, évidemment, dit en riant Henri : « Je suis au service de sa majesté (vous aurez compris qu’il parle de Nicole) et de ses duchesses (Karina et Stéphanie L’Italien, engagée au printemps 2018). »

Henri Lamoureux et Karina Sasseville représentant D’Arts et de rêves en 2016 lors d’une entrevue par Sylvie L. Bergeron pour Arts d'œuvres, émission à la radio communautaire de l'Estrie.
Henri présentant le rapport financier lors d’une assemblée générale annuelle.

Henri Lamoureux et Karina Sasseville représentant D’Arts et de rêves en 2016 lors d’une entrevue par Sylvie L. Bergeron pour
Arts d'œuvres, émission à la radio communautaire de l'Estrie.

Henri présentant le rapport financier
lors d’une assemblée générale annuelle.

Qu’est-ce qui motive Henri ?

C’est d’abord et avant tout le soutien de Nicole qui motive Henri, heureux de travailler avec sa « présidente ».  Pourquoi ?  Car c’est à deux qu’ils ont souhaité ce projet de démocratisation de l’art que s’approprient aujourd’hui les gens de Sutton et les nombreux visiteurs de notre belle région.

Puis il y a indéniablement le soutien de l’équipe—de Karina qui est là depuis longtemps déjà, puis il y a les membres du CA, les différents comités et les nombreux bénévoles.

Le parc éco-culturel est aussi une motivation, de par les sculptures qui y sont exposées, les sentiers bien aménagés, la nature environnante et la vue sur le Mont Sutton.  Les gens qui découvrent cet endroit en sont toujours ravis.

Tout aussi motivants sont les commentaires élogieux des artistes en résidence qui tous, à tour de rôle, témoignent de l’accueil et de la qualité de cet environnement inspirant…

Puis il y a des artistes qui reçoivent des prix pour du travail effectué en partie alors qu’ils étaient en résidence à D’Arts et de rêves (voir les Nouvelles).  C’est encourageant de savoir que l’on a un peu contribué à ces succès et cela motive Henri à poursuivre ce projet social.

Et enfin, il y a les partenaires, commanditaires et donateurs.
Bref, tout cela et plus encore motive Henri…

En contrepartie…

S’investir autant dans un projet aussi ambitieux requiert, vous l’aurez compris, beaucoup de temps…
Qu’est-ce qui en souffre ?

  • Les plates-bandes de Nicole et Henri, les herbes folles semblent avoir envahi le décor…
  • Le roman, entrepris il y a trois ans, qui attend toujours une présence plus assidue de la plume de son auteur adoré…
  • Les essais imaginés, mais non rédigés…
  • Les livres qui ramassent la poussière en attendant leur lecteur préféré…

Mais cela est loin de démotiver Henri…

Que souhaite Henri pour D’Arts et de rêves ?

Trois toutes petites choses…

  1. La stabilité financière pour assurer le fonctionnement de l’organisme : idéalement une aide financière récurrente de la part de la municipalité.
  2. Un atelier aménagé de façon à répondre de manière sécuritaire aux besoins des artistes du cirque contemporain.
  3. Le développement écologique du parc en assurant la protection de la biodiversité, le tout agrémenté d’une collection d’œuvres d’art.

Et pourquoi pas…

  • Deux personnes à la permanence pour assurer le fonctionnement efficient de l’organisme.
  • Un kiosque musique où on pourrait installer le piano, un peu comme les pianos publics que l’on retrouve de plus en plus dans les villes l’été…
  • Une sculpture-phare à l’entrée du 57, rue Principale Nord que les gens verraient dès leur arrivée à Sutton…
  • L’élimination de la renouée japonaise, espèce un peu trop envahissante et très difficile à contrôler…
  • Une remise pour ranger le tracteur et les outils servant à l’entretien du terrain.

Il faut être rêveur pour imaginer de tels projets et Henri sait y faire !

En conclusion…

Si vous voulez causer d’engagement social et D’Arts et de rêves, d’écriture ou de littérature, ou si vous voulez simplement rencontrer un homme très engagé, allez saluer Henri à son troisième petit paradis, La petite librairie (micro librairie) située à la Galerie Art libre au 6, rue Principale Sud, Sutton.  Henri y est habituellement un ou deux jours semaine…

-Un article de Liliane Lessard.